Thursday, February 22, 2024
JOURNAL EN FRANCAISJUSTICE ET DROITS

Paris: “Merci à la justice”, Gauthier à la condamnation de Biguma

Suite à la condemnation à la reclusion criminelle à perpétuité de Philippe Hategekimana alias Biguma, par la cour d’assises de Paris en France, le président du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR), Monsieur Alain Gauthier a déclaré : “merci à la justice.”

Quelques jours avant la clôture de ce procès, l’accusé Biguma a décidé de garder le silence, ce qui était d’ailleurs son droit mais, à la fin, a eu un impact négatif lors de sa condemnation.   

Lors du prononcé du jugement, le Juge Jean Marc Lavergne a souligné que Biguma n’avait jamais manifesté de remords et a nié chacune des accusations portées contre lui dans ce procès.

Le tribunal a dû entrer en isolement pour répondre à 22 questions, auxquelles ils ont répondu «oui» pour la plupart, ce qui a conduit à la peine capitale de reclusion criminelle à perpétuité.

Qui est donc Biguma?

Philippe Manier Hategekimana, alias Biguma, est né à Nyagisozi, ancienne préfecture de Gikongoro. Il a été enseignant à l’école primaire, responsable de l’octroi des permis de conduire, a suivi une formation militaire, puis est parti pour les études en Belgique quelques années plus tard. Quand il est revenu, il a été muté en tant que gendarme, puis  devenu moniteur sportif, et finalement confié la formation des jeunes aux sports de combat.

Hategekimana, a été naturalisé français en 2005 sous le nom de Philippe Manier. L’ancien adjudant-chef à la gendarmerie de Nyanza, âgé aujourd’hui de 67 ans, a  été accusé d’avoir « participé à une pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvements de personnes suivies de leur disparition, de tortures et d’actes inhumains à Butare, dans le sud du Rwanda, entre avril et juillet 1994.

Il a  été reprochés de mettre le contrôle des barrières sous la responsabilité des gendarmes, meurtre du bourgmestre Nyagasaza, les massacres de la colline de Nyabubare et ceux de la colline de Nyamure dans la commune Ntyazo, le 27 avril 1994. L’accusé a  été poursuivi pour entente en vue de commettre le genocide par sa participation à des réunions, ainsi que des massacres à l’ISAR SONGA, faits qui ont été requalifiés suite à l’appel du CPCR.

En 2015, il a fait l’objet d’une enquête à la demande du CPCR et d’autres organisations de défense des droits de l’homme, et le département du PNAT (Parquet National Antiterroriste) chargé de la poursuite des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre.

Il s’est ensuite enfui au Cameroun et a été arrêté en mars 2018 et renvoyé en France où il a été confirmé qu’il serait détenu immédiatement à partir du 15/02/2019. Le 20/09/2021, la Cour d’Appel a décidé que Philippe Hategekimana devait être jugé par la Cour d’assises de Paris.

Le procès de Biguma dans la Cour d’assises de Paris a démarré le 10 Mai 2023 et se termine le 28 Juin 2023. Il a été condamné à la reclusion criminelle à perpétuité pour le génocide, crimes contre l’humanité et l’entente en vue de commettre le génocide.

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